Bénin : un nouveau câble sous-marin suscite l’espoir

Il y a quatre ans je n’avais aucune notion de ce qu’était le e-commerce, le télé travail encore moins le web 2.0. Il y a quatre ans je résidais au Bénin et pour moi internet se résumait à lire mon horoscope sur Yahoo autant que faire se peut. Aujourd’hui  encore de nombreuses personnes au Bénin ignorent jusqu’à l’existence de la célèbre toile. Internet au Bénin c’est un peu comme du caviar ou des truffes. C’est réservé à une petite minorité. Il est possible de trouver une connexion acceptable dans certaines administrations. Ce qui permet à de nombreux Béninois d’être « connectés » uniquement pendant les heures de travail. Il y a également l’alternative des cybercafés qui existent dans plusieurs gammes. Il y a l’option du 200fcfa l’heure auquel cas charger Google vous prendra 30min et l’option du 500 voir 1000fcfa l’heure qui est légèrement plus acceptable. Avec l’internet sur le mobile les choses se sont quelque peu améliorées mais les tarifs pratiqués sont encore loin d’être accessibles à la bourse moyenne.   Au Bénin très peu de personnes peuvent se vanter d’avoir accès à internet à domicile. Alors vous comprenez pourquoi l’arrivée d’un nouveau câble sous-marin suscite l’engouement des Béninois. Serions-nous entrain d’écrire une nouvelle page dans l’histoire d’internet au Bénin ?

Projet Africa Coast to Europe (ACE)

internet

Câble sous-marin ACE en orange

 

17000 kilomètres de fibre optique d’une capacité de 40Gbit/s au départ et une capacité à évoluer vers les 5,12 Térabit/s voilà qui fait rêver ! Ce sont là les grandes lignes du projet ACE piloté par l’opérateur  Télécom français Orange en partenariat avec d’autres opérateurs et structures administratives. Ce nouveau câble sous-marin devrait permettre de relier l’Europe à une bonne partie de l’Afrique dont le Bénin. Inauguré en Gambie en décembre 2012, le projet se poursuit progressivement. Au début du mois d’Avril 2015, le câble sous marin Africa Coast to Europe a atteint les côtes béninoises par les bons soins d’un navire Alcatel principal fournisseur dans le cadre ce projet. Pour de nombreux Béninois, « il y a de l’espoir ». « C’est la fin de la galère internet ».  À mon avis rien n’est moins sur.

On est loin de franchir le dernier kilomètre

benin

  S’il y a bien une vérité absolue c’est que « les mêmes causes produisent les mêmes effets ». Le Bénin n’est pas dans une situation similaire à celle du Liberia ou de la Sierra Leone pour lesquels il s’agit du premier câble sous-marin. On aurait pu s’attendre à une connexion acceptable depuis l’installation du premier câble sous-marin en 2002. Pourquoi cela n’a pas été le cas ? Entre 2009 et 2011, le fameux câble a été très souvent endommagé pour des raisons  inexpliquées. Quelle gestion sera faite de la nouvelle installation pour permettre aux Béninois d’avoir une meilleure connexion ? Ce sont autant de questions que suscitent en moi cette nouvelle acquisition. Je reste sceptique sur une possible amélioration du service internet pour un utilisateur lambda.  Car si en 2013, le Bénin a pu se retrouver avant dernier du classement internet en Afrique derrière des pays dont la situation géographique ne permet pas l’accès à un câble sous-marin, il apparaît évident que ce dernier n’est pas la solution à tous nos maux. Ce qu’il nous faut comprendre aujourd’hui c’est l’importance d’internet pour le développement et l’émergence tant recherchés.

L’information est sans aucun doute la ressource qui commande le développement à notre ère. Que ce soit sur le plan socio-économique, politique, sur la question de l’emploi, de la formation ou de la recherche nous avons tout à gagner en faisant de l’accès internet pour tous une priorité. Malheureusement dans de nombreux pays d’Afrique, la réalité est toute autre. Depuis quelques semaines, j’ai l’occasion de séjourner à Bamako et j’ai l’impression de vivre au ralenti. Le haut débit ici est une notion inconnue. A ce propos, je félicite les mondoblogueurs Boubacar Sangaré, Michel Thera, Ivo Dicarlo, David Kpelly, Faty, Boukary Konaté   et tous ce qui bloguent depuis le Mali qui malgré tout continuent de partager avec nous tous ces excellents billets. Pour eux comme pour tous les blogueurs qui peinent à trouver chez eux une connexion internet stable, nous ne pouvons qu’espérer que les projets loon et internet.org aboutissent au plus tôt. En attendant chers Béninois refrénons notre engouement. Internet pour tous au Benin ce n’est pas demain la veille. Et croyez-moi j’espère vraiment me tromper.

À propos de l'auteur

Lucrece

Ambitieuse, déterminée et très amoureuse de la langue française, voilà qui je suis. Ingénieur de conception en réseaux Telecom, je suis passionnée de lettres et de cuisine. Pour vivre j'ai besoin d'internet et d'eau mais ma plume est mon arme de survie dans ce monde plein de défis.

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