Démocratiser l’impression 3D bonne ou mauvaise idée ?

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 Les progrès scientifiques et technologiques sont chaque jour un peu plus impressionnants. Après l’ordinateur, le téléphone portable, le GPS, l’internet… on se demande bien quelle serait la prochaine innovation technologique qui va révolutionner notre quotidien ! Il se pourrait bien que ce soit l’impression 3D. Vous en entendez parler sans savoir exactement ce que c’est ? C’est le moment de regarder ceci.

Vous comprenez à présent pourquoi certains qualifient l’impression 3D de quatrième révolution industrielle derrière la machine à vapeur, l’électricité et l’informatique. Une imprimante 3D est capable de fabriquer tout type d’objets pour peu qu’on dispose de la matière première et d’un schéma en 3D de l’objet à imprimer. La seule limite est désormais notre imagination. Et nous avons désormais l’opportunité de la tester

L’impression 3D sort de son cocon d’initiés

En effet, pour rendre accessible ce nouvel outil révolutionnaire, il faut prendre en compte deux facteurs : le prix et la facilité d’utilisation. Sans s’attarder sur la géométrie pointue qu’exige la réalisation d’un tel produit, certains auront sans doute l’audace outrancière d’exiger en plus des efforts de design.

Alors que l’imprimante 3D n’est pour le moment accessible qu’à un petit groupe d’initiés qui en ont les moyens, plusieurs entreprises proposent désormais des modèles domestiques. La  start-up française eMotion Tech par exemple annonce le lancement d’une imprimante 3D accessible au grand public. Pour 400 euros, (environ 250000 FCFA ), vous pouvez vous procurer un kit imprimante 3D avec une mécanique ludique, une électronique sans soudures, un beau manuel et une calibration logiciel très simple ou du moins c’est ce que promet le constructeur. Alors envie de vous procurer ce bijou technologique ? Réfléchissez un moment

Enjeux et réalités

Fort heureusement, eMotion Tech propose une formation 3D car en toute objectivité, on a bien du mal à s’imaginer que l’utilisation de l’imprimante 3D puisse être démocratisée. Peu importe la simplicité du manuel d’utilisation et la bonne volonté d’un citoyen lambda, il aurait du mal à monter déjà le kit si il ne dispose pas de qualités de bricolages et de  bases en mécanique. Si par miracle, le montage réussit, il faudra s’attaquer au fonctionnement, intégrer le fait que la machine lit les fichiers .STL . Heureusement, il peut en trouver sur Internet. Mais si l’objet qu’il souhaite imprimer ne figure pas parmi les propositions disponibles, il lui faudra maîtriser quelques outils de dessin 3D. Vient ensuite la question des techniques d’impression 3D, puis celle de la matière première et probablement les dix plaies d’Egypte avant qu’il ne s’en sorte. Alors, même si le prix semble le rendre accessible, la facilité d’utilisation est discutable.

Par ailleurs, la démocratisation de l’impression 3D pourrait poser des problèmes d’ordre juridique et éthique. Entre la reproduction illégale d’objets soumis à une propriété intellectuelle et la fabrication par n’importe qui d’objets dangereux tels que les armes à feu, on a tôt fait d’assister impuissants à une situation désastreuse. Et même si des experts réfléchissent à la mise en place  de procédés de régulation tels que l’intégration de verrous numériques, certaines personnes mal intentionnées trouveront certainement le moyen de les contourner et d’expérimenter l’aspect destructeur de l’invention.

Au final

L’impression 3D est sans doute une révolution technologique qui connait aujourd’hui un essor considérable et présente de nombreux avantages. Elle a déjà fait ses preuves dans les domaines de la médecine, de l’aéronautique… Malgré les réalisations impressionnantes de cet outil révolutionnaire,  on a du mal à taire certaines interrogations. Que deviennent les usines si on peut désormais imprimer tout type d’objet ? Que deviennent les ingénieurs si on peut désormais  imprimer sa maison, sa voiture… ? Est-ce la fin des échanges commerciaux tels qu’on les connait ? Sans compter que l’imprimante 3D émet des nanoparticules nuisibles à la santé et à l’environnement.  Utilisée à échelle industrielle on a déjà plusieurs inquiétudes. Alors rendre l’impression 3D accessible à tous bonne ou mauvaise idée ? Vous avez la parole !

À propos de l'auteur

Lucrece

Ambitieuse, déterminée et très amoureuse de la langue française, voilà qui je suis. Ingénieur de conception en réseaux Telecom, je suis passionnée de lettres et de cuisine. Pour vivre j'ai besoin d'internet et d'eau mais ma plume est mon arme de survie dans ce monde plein de défis.

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7 Commentaires

  1. je tiens tout d’abord a te féliciter pour cet article très instruitif qui m’a permis de voir l’impression 3D sous ces différentes formes, et de la si je peux me le permettre je pense que ce sera une très mauvaise idée de démocratiser l’impression 3D vu que a long terme elle risque de mettre fin aux échanges commerciaux et ainsi augmenter le taux de chômages dans le monde entier sans ne pas oublier les effets secondaires sur la santé et l’utilisation malsaine de cet outil par des personnes malintentionnées.
    Par contre, je suis entièrement d’accord pour l’utilisation de cet outil dans le domaine de la médecine.
    Une fois encore merci d’avoir agrandir ma culture et je te souhaite bonne chance pour la suite.

  2. Vraiment un grand merci à toi lucrece pour cet article très instructif.Toute technologie présente des avantages et des inconvénients c’est donc à nous les utilisateurs de faire la part des choses tout en respectant les lois de la société et les règles d’éthique.

  3. Démocratiser la 3D serait une mauvaise idée? Je ne suis absolument pas d’accord avec cet article bien que celui ci soit très bien écrit, merci pour ton point de vue 🙂
    Effectivement la limite de créations n’est atteinte que par notre imagination, mais en posséder une permet plusieurs choses qui n’ont pas été cité :
    -Prototypage rapide d’une pièce en Recherche et Développement,on évite enfin les attentes interminable des fabricants et risque d’incomprehension réduit à 0,
    -Modifications applicables directement; dans la même journée, vous pouvez sortir un prototype et la pièce revue et corrigé, donc gain de temps et d’argent considérable,
    -Donne enfin un peu d’autonomie dans la création d’un produit, il n’est quasi-plus nécessaire de devoir envoyer des dizaines de mails en vue d’une étude tarifaire sur coût éventuel de fabrication.

    Pourquoi les entreprises et usines bénéficieraient elles du monopole de fabrication? Les petites structure et les indépendants en serraient une fois de plus pénalisés.
    Si la question du « que pourra fabriquer l’utilisateur » est posée, c’est bien parce que l’industrie actuelle ne veut pas donner toute les possibilités de fabrications aux possesseurs d’imprimantes… et si la fabrication d’armes est la principale inquiétude, je répondrais tout simplement : inquiétez vous d’abord d’internet, ces armes et pièces les composants se trouvent aisément après une petite recherche sur le web..

    Les questions et observation négative sur la démocratisation de l’impression 3D ne sont posés que par les principaux fabricants (et oui, pouvoir réparer par exemple son véhicule sans passé par la marque du fabricant, ça, ça dérange beaucoup).
    On devrait plutôt s’inquiéter de voir qu’aujourd’hui les coût de fabrication et d’usinages sont sur-doper, certaines structure ne peuvent pas se permettre de s’offrir ce type de services alors qu’avec une imprimante, la question ne se pose plus.
    Si les industriels voient d’un mauvais œil cette démocratisation, c’est bien parce qu’elle leur fera de l’ombre à un moment ou l’autre, et ce jour la ils devront revoir leurs politique de commercialisation bien trop cotés et trop peu réactive pour ce qu’ils proposent…et surtout adieu l’obsolescence programmé de certaines marques qui se disent de qualité.

    Cela dit, il est vrai qu’un minimum de base est nécessaire pour l’utilisation d’une telle machine, mais espérons que cette démarche soit simplifié dans le futur, les possesseurs d’imprimante 3D pourrait ainsi répondre à leurs besoins les plus précis dans un délai de temps minimum sans risques d’erreur de compréhension entre deux intermédiaires.

    1. Merci pour ta participation Romain. Comme tu l’as constaté dans le billet je n’ai pas vraiment de parti pris. Pour ou contre chaque position se défend et je dois reconnaître que tu as bien défendu la tienne 😉

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