Que de bons souvenirs!

Cela fait maintenant un moment que tu n’es plus à mes cotés. Si je me suis souvent amusée à profiter de mon statut d’orpheline, la vérité c’est que tu me manques tous les jours de ma vie. Il m’est arrivé des choses merveilleuses depuis que tu n’es plus là mais j’aurais échangé tout cela contre une journée avec toi.

Chaque fois que je reçois une bonne nouvelle, tu es l’une des premières personnes avec qui j’ai envie de la partager. Je ne suis toujours pas la mère des huit petit-enfants que je t’ai promis mais j’ai fait d’autres choses qui t’auraient rendu fier. J’avance dans la vie sachant que tes « bénédictions paternelles » m’accompagnent, qu’ « il ne faut pas vivre au dessus de ses besoins » et que « tout ce que tu n’as pas aujourd’hui, tu l’auras demain ».

Chaque fois que j’écoute « notre musique » mes pensées vont vers toi, nos soirées de rigolade à essayer d’expliquer aux autres ce que toutes ces chansons avaient de particulier. On aurait chanté ensemble « moitié toi moitié moi » à la mort de Guy Béart et on aurait célébré la vie de Michel Delpech sur « Pour un flirt »

Chaque fois que je vois un père sourire à sa fille, je me remémore nos fous rires, nos discussions tard dans la nuit, les fois où tu venais m’assister à la cuisine en faisant « tout le travail intellectuel » ou encore nos séances de marche matinales.

Chaque fois que j’ai du mal à m’endormir, je pense à toutes ces fois où je t’ai appelé pour que tu me chantes ces berceuses dont tu avais le secret. Parfois à cause de l’heure, tu râlais un peu mais tu finissais toujours par me chanter la berceuse de mon choix et apaiser mon cœur. Je n’ai plus le son de ta voix mais les paroles elles sont gravées dans ma tête.

Un sourire, une chanson, un événement, une photo… absolument tout me rappelle toi chaque jour. Je pense à toi avec nostalgie mais rarement avec de la tristesse. Car si tu avais été là, le cancer t’aurait pris ton sens de l’humour, tu aurais souffert et moi aussi. Te savoir en paix m’apaise et je ne me rappelle que des bons moments que nous avons eu.
Je n’ai pas pu te dire adieu. Et la dernière image que je garde de toi est celle de nos aurevoirs où tous les deux on avait les larmes aux yeux. Moi parce que neuf mois sans toi c’était trop long et toi parce qu’au fond de toi tu savais déjà que tu avais perdu la bataille contre la maladie et que c’était un adieu et pas un aurevoir. En dépit du vide que tu laisses dans mon cœur, il me reste tellement de bons souvenirs en ta compagnie. Il y a tellement de choses que j’aurais voulu faire pour te montrer ma reconnaissance, pour te remercier d’avoir été à la fois un père aimant et un ami si exceptionnel. Tu resteras à jamais la personne la plus importante de ma vie. Et je prie que tu trouves le repos éternel.

À propos de l'auteur

Lucrece

Ambitieuse, déterminée et très amoureuse de la langue française, voilà qui je suis. Ingénieur de conception en réseaux Telecom, je suis passionnée de lettres et de cuisine. Pour vivre j'ai besoin d'internet et d'eau mais ma plume est mon arme de survie dans ce monde plein de défis.

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3 Commentaires

  1. Du début à la fin, le texte ne m’a nullement laissé l’âme tranquille. De jolis mots pour parler d’une telle mélancolie n’est pas toujours facile, mais tu arrives à le faire ; et surtout avec manière. Tiens bon !

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