Intelligence artificielle : les robots s’incrustent

CCO : Geralt via Pixabay

Le salon de l’automobile bat son plein à Genève et cette 88e édition met un accent particulier sur les voitures intelligentes. Comme vous pouvez le constater, l’intelligence artificielle a le vent en poupe. Source d’opportunités pour certains, trop dangereuse pour d’autres, le moins qu’on puisse dire, c’est que le sujet divise. Mais tout le monde s’accorde sur le fait que l’intelligence artificielle affectera tous les domaines d’activité. Du désormais familier chatbot au puissant drone en passant par le robot journaliste, le robot militaire, l’assistant médical robotisé… les robots sont presque partout. Et, bon gré, mal gré, il faut leur faire de la place.

Une intelligence artificielle est « parfaite »

Le concept d’intelligence artificielle n’est pas vraiment nouveau, mais c’est au XXIe siècle que c’est vraiment devenu un sujet d’actualité. On pourrait le définir comme l’« ensemble des théories et des techniques développant des programmes informatiques complexes capables de simuler certains traits de l’intelligence humaine ». A partir de cette définition, on peut mesurer l’étendue des possibilités. On comprend également comment et pourquoi on en viendrait à préférer une intelligence artificielle à un humain. Plus rapides, plus performants, les robots ne peuvent ressentir ni la fatigue ni la faim encore moins la maladie. Pas besoin d’une assurance multirisques pour les faire travailler. Vous ne risquez aucune poursuite judiciaire s’ils ont un accident de travail. Vus comme ça, les robots représentent un avantage économique de taille pour n’importe quelle entreprise. Imaginez par exemple qu’Uber n’utilise que des voitures autonomes. Cela supprime tout de suite de l’équation les chauffeurs et leurs revendications. Cela dit, cet exemple met en évidence la principale inquiétude que suscite l’intelligence artificielle et son champ infini de possibilités : que ferons-nous quand les machines sauront tout mieux faire que nous ?

Repenser les métiers de demain

De nombreuses études attirent l’attention sur la nécessité, à l’ère du numérique, de repenser les métiers de demain. Selon le département d’État américain du travail, « 65 % des écoliers d’aujourd’hui pratiqueront, une fois diplômés, des métiers qui n’ont même pas encore été inventés ». Cette affirmation est pleine de promesses, mais surtout, elle met en évidence la nécessité de réformer l’éducation et la formation. Car si l’on a tôt fait de penser que les robots mettront un grand nombre de personnes au chômage, n’oublions pas que l’intelligence artificielle va également créer des métiers. Ce qui veut dire que le monde du travail va sans doute être bouleversé par cette nouvelle tendance, mais il ne disparaîtra pas pour autant. Il va falloir des gens pour concevoir ces robots. Il va falloir des humains pour les superviser, les réparer quand ils seront endommagés… En réalité, les machines de façon générale et les robots en particulier ont énormément besoin d’attention humaine. De ce fait, la réelle inquiétude au sujet de l’intelligence artificielle concerne l’éthique.

L’intelligence artificielle menace-t-elle l’humanité ?

Si vous avez déjà regardé, un épisode de l’excellente série Black mirror, vous vous êtes peut-être déjà posé la question. Car bien que relevant de la fiction, les faits qui y sont mis en scène sont loin d’être irréalistes. On a vu l’usage malsain qui peut être fait de la technologie, notamment avec la cybercriminalité, sur internet. Dans le cas de l’intelligence artificielle, les inquiétudes se focalisent à juste titre sur son application dans le domaine militaire, mais pas seulement. De nombreux scientifiques et célébrités du domaine dont Stephen Hawking, Bill Gates ou encore Elon Musk attirent l’attention sur la nécessité de mettre en place un système de régulation pour parer aux dérives que pourrait engendrer l’intelligence artificielle. Aussi, avant de se réjouir de pouvoir déléguer toutes les tâches contraignantes, risquées ou répétitives à des robots, il nous faut nous assurer que les questions de transparence, de dignité humaine, de respect de la vie privée ont été soigneusement étudiées.

Et l’Afrique dans tout ça ?

Sans vouloir tomber dans une dangereuse généralisation, on peut dire que l’intelligence artificielle n’est pas encore réellement une préoccupation africaine. Et pourtant nous en faisons usage au quotidien. Oui, c’est vrai qu’il n’y a pas dans nos maisons des robots qui passent l’aspirateur, mais n’oublions pas que nous aimons bien Siri, Cortana et les autres assistants vocaux qui se font toujours un plaisir de répondre à nos questions. Nous ne nous en rendons peut-être pas compte, mais l’intelligence artificielle fait déjà partie de notre quotidien. Ce qu’il nous faut, c’est concevoir les outils dont nous avons besoin. Il faut pouvoir utiliser la technologie pour résoudre des problèmes spécifiques à son environnement. On n’a peut-être pas encore besoin de voitures intelligentes, mais les problèmes que pourrait résoudre l’intelligence artificielle sur le continent sont légion. Alors, n’attendons pas la super-vache de Bill Gates pour lutter contre la famine en Afrique. Nous avons assez de ressources pour mieux faire.

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Lucrece

Si vous jouez au scrabble, on a forcement un point en commun!

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